1. Une résilience trompeuse dans un contexte de crise persistante
Hormis l’inflation, tous les maux de 2025 sont encore présents ; de nombreux signaux sont au rouge vif, et pourtant, le système fait preuve d’une incroyable résilience. La première réponse concernant la prospective à court terme est claire : 2026-2027 ressemblera à 2025, avec une croissance molle et une lente détérioration de la situation.
2. Trois scénarios pour 2026-2027
Scénario 1 : Le statu quo – Une croissance molle et une dégradation progressive
La situation économique actuelle devrait se prolonger, avec une stagnation persistante et une aggravation des déséquilibres structurels.
Scénario 2 : Le risque d’une crise majeure
Plusieurs déclencheurs potentiels pourraient précipiter une crise systémique :
- Une crise boursière (effondrement du secteur de l’IA).
- Une forte augmentation du chômage lié à l’IA.
- Une nouvelle guerre (Chine-Taïwan, Chine-Russie, Inde-Pakistan…).
- Une crise financière liée à la dette américaine.
- La défaillance d’un pays majeur.
- Une guerre civile en Europe, une nouvelle pandémie…
Scénario 3 : Vers une crise inévitable – Que faire de ses actifs ?
Si une crise majeure semble probable, la question centrale reste son horizon temporel et la stratégie à adopter pour protéger ses actifs.
3. Analyse macroéconomique : Les défis globaux et écologiques
3.1. La dégradation accélérée des ressources planétaires
- Eau et surpopulation : Le niveau des nappes phréatiques est inversement proportionnel à la surpopulation.
- Migrations massives : poursuite et amplification d’une vague de déplacements de populations issues de pays incapables de maîtriser leur natalité.
- Effondrement écologique : Une bombe à retardement.
- Production agricole : Elle doit absorber l’augmentation de la population et celle du niveau de vie, malgré le dérèglement climatique.
- Saturation des orbites terrestres : Même l’espace est saturé !
3.2. L’énergie reste bon marché
- Le pétrole reste bon marché car il est abondamment surexploité et il est payé en dollars dévalués.
- Coût caché des énergies renouvelables : L’exemple du blackout électrique en Espagne (28 avril 2025) est révélateur des limites des réseaux intermittent. Afin de pouvoir stabiliser le réseau et en compenser les fluctuations, hormis les équipements nécessaires, il faut être structurellement en surproduction. Cette surproduction entrainera une baisse des tarifs, en particulier pour les producteurs intermittent. On évitera donc de retenir les tarifs actuels si on prévoit un investissement de ce type.
- Perspective à moyen terme : L’énergie devrait rester abordable même si l’IA envisage une forte croissance de sa demande.
4. Focus sur la France : Croissance atone, faillites en série, crise politique et immobilière
4.1. Une économie à deux vitesses
- La faible croissance se concentre sur quelques Secteurs porteurs : Armement, aéronautique, tourisme, agriculture.
- Masquant la crise que traverse la plupart des secteurs avec en particulier : Transport, communication, commerce automobile, hôtellerie-restauration.
- Record de défaillances : Promoteurs immobiliers et agences immobilière avec même des notaires qui déposent le bilan.
4.2. Marché de l’emploi : Stabilité apparente
- Inadéquation structurelle entre l’offre et la demande.
- L’IA et la robotique : Nous n’en sommes qu’au début des conséquences sur l’emploi de l’IA et de la future révolution robotique.
4.4. L’État français : Un monstre ingérable et dispendieux
- PIB 2024 : 2 613 milliards d’euros.
- Budget de l’État : 673 milliards d’euros (déficit de 138 milliards, soit +26 % de plus que ce qu’il gagne).
- Dette publique : au profit de quelques générations actuelles, sera payée (ou non) par les jeunes générations, qui devront rembourser le train de vie de leurs aïeux.
- Dépenses publiques (état + dépenses sociales + collectivités) : 1 672 milliards de dépenses en 2024 pour 1 502 milliards de recettes. N’en déplaise à ceux qui croient vivre dans un pays libéral, nous sommes dans l’un des États les plus socialistes au monde.
- Absence d’investissement : L’État dépense mais n’investit plus. Ou sont passé les grands projets ?
- Notre Modèle social nous entraine vers notre déchéance :
- Notre modèle social prend l’eau de toute part : structurellement déficitaire, son financement repose sur le travail et l’impôt, ce qui pénalise la production nationale. Il est urgent d’en réduire le coût et de basculer vers un financement fondé sur la consommation (TVA, droits de douane, normes), ce qui permettrait à la France de retrouver de la compétitivité.
4.5. Inflation et taux d’intérêt : Un paradoxe français
- Inflation faible (0,7 %) sans tension visible.
- Les taux courts, dictés par la BCE, sont très bas. Les taux longs, qui financent notre déficit, sont beaucoup plus élevés et orientés à la hausse, en raison d’une demande très forte.
5. Crise politique : Le naufrage français et l’impact de Trump
5.1. En France : Macron réussi l’exploit :
- de ruiner toute capacité de rebond, tant l’endettement est fort, et de clamer que les autres solutions sont vouées à l’échec, puisque la France est déjà ruinée et n’a plus aucune marge de manœuvre.
- de nous faire redécouvrir les travers de la IVe République.
- de réduire un peu plus notre poids international.
- de détruire le couple franco-allemand, qui orientait l’Europe depuis 60 ans.
- En refusant de démissionner, ce qui est légitime, notre « président » fige une situation catastrophique où la France n’est plus dirigée.
Notre président n’est certes pas responsable de tous les maux, mais force est de constater qu’il brille au milieu des ruines et qu’en sa qualité de chef, il est responsable.
5.2. Aux États-Unis : Trump nous surprend tous les jours
- Avec un certain succès, Trump montre que les lignes peuvent changer. Son art du deal n’est toutefois certainement pas compatible avec une vision à long terme.
- L’intervention US au Venezuela souligne une nouvelle fois la négation du droit international par les États-Unis.
- Dès le début de son précédent mandat, Trump avait jeté aux oubliettes le traité conclu entre les États-Unis et l’Iran sur le nucléaire, car signé par Obama. Il réduisait ainsi à néant la parole des États-Unis.
- Accuser Trump de toutes les négations du droit par les États-Unis est cependant faux :
- les États-Unis ont déstabilisé une région, l’Irak et le Proche-Orient, sur la base d’un mensonge ;
- les États-Unis ont espionné leurs alliés (affaire Snowden) ;
- les États-Unis espionnent et détestent qu’on les dénonce (affaire Julian Assange, WikiLeaks) ;
- depuis 1823, les États-Unis appliquent unilatéralement la doctrine Monroe, ce qui a permis de justifier l’invasion de la Grenade, du Panama (dont le président, le général Noriega, a été incarcéré pendant 17 ans, car il voulait révéler le rôle de la CIA dans le trafic de drogue, source de financement de la lutte anticommuniste en Amérique centrale).
5.3. Chine et Russie
- la Chine pratique l’espionnage industriel à grande échelle, le dumping pour créer des monopoles, réduit à l’esclavagisme une partie de son peuple, se montre expansionniste envers Taiwan…
- La Chine est une dictature dirigée d’une main de fer mais qui a fait exploser la richesse de ses citoyens, certes à marche forcée. En quelques années, la Chine a retrouvée une place mondiale quelle avait oubliée depuis plus de deux siècles.
- La Chine est surpeuplé et dispose d’une revendication territoriale historique sur l’Est de la Russie, zone complètement dépeuplée. Il y a fort à parier que cet espace va provoquer des tensions entre les deux « alliés ».
- la Russie est usée par une économie de guerre, minée par la corruption, la pauvreté, la chute de la natalité, l’alcoolisme. La richesse est accaparée par les oligarques… Poutine ne pourra sortir indemne de cette guerre … ce qui est au final une menace avérée pour l’Europe.
Le droit international n’est respecté que par les « dindons de la farce ».
Toutefois l’Europe est et demeure un acteur de tout premier plan. l’Europe devra gérer l’intégration de l’Ukraine, ce qui ne se fera pas sans quelques difficultés.
Il y aura de nombreux conflits dans le monde, y compris des guerres civiles, dans les prochaines années.
6. L’immobilier français : Entre bulle, fiscalité étouffante et opportunités
6.1. Les français sont riches
- L’épargne financière des Français est colossale en valeur : 6 539 milliards d’euros (2 127 milliards en dépôts bancaires, 2 245 milliards en produits d’assurance et 2 167 milliards en détention d’entreprises), et elle augmente, car le taux d’épargne des Français est de 10,5 % du revenu brut disponible.
- L’immobilier reste le principal actif des Français, avec 9 758 milliards d’euros fin 2023. C’est une classe d’actifs recherchée, mais cette appétence n’est pas forcément bien fondée.
- Pour une fois, la FNAIM et la Chambre des notaires se montrent circonspectes sur la conjoncture immobilière… mais soulignent une reprise de la hausse des prix et des volumes (sous-entendu comme d’habitude : « Achetez ! »).
- L’offre de logements neufs est très basse, ce qui évite aux promoteurs, déjà très mal en point en raison de l’absence de ventes, d’avoir à supporter une baisse des prix. (Voir https://gop-promotion.fr/logement-la-penurie-est-derriere-nous)
- Le coût du crédit est très bas : il est anormal de prétendre que les taux doivent encore baisser pour relancer les ventes. 3,5 % par an, c’est rien.
6.3. Prix : toujours trop cher
- En 2025, disparités géographiques des hausses et baisses après deux années de repli généralisé des valeurs.
- L’immobilier ne devrait pas dépasser 25 % du revenu net disponible. Il faudrait pour cela que les valeurs baissent de 25 %.
- Le niveau de prix actuel est une conséquence assez directe de notre déficit budgétaire. Un déficit budgétaire entraîne mécaniquement une augmentation de la masse monétaire. Cette masse monétaire se dirige vers les seules classes d’actifs envisageables, les valeurs mobilières et l’immobilier. En 2026, on pourrait donc assister à une hausse des prix de l’immobilier et à une augmentation du nombre de transactions, phénomène de correction des mauvaises années passées.
6.4. Fiscalité immobilière : Une pression insoutenable
- Hausse de la fiscalité : envolée des taxes foncières depuis plusieurs années, hausse récente des droits de mutation, explosion de la taxe d’habitation pour les résidences secondaires, fiscalité plus lourde pour les locations de type Airbnb, interdiction de louer les passoires thermiques (DPE classés F et G).
- En conséquence, les prélèvements fiscaux sur l’immobilier dépassent désormais le rendement de l’impôt sur le revenu !
6.5. Investissement locatif : Opportunités et pièges
- Avec une forte baisse des locations nues depuis 2021 → Préférence pour le meublé.
- L’investissement dans les « anciennes SCPI » offre un rendement négatif (voir https://gop-promotion.fr/scpi-analyse-de-la-rentabilite-nette-depuis-2018-attention-a-la-perte-de-valeur/ ).
- Les plateformes de crowdfunding font perdre de l’argent aux souscripteurs.
- Stratégie gagnante possible : Dans les zones géographiques où les prix sont très bas (proche du seuil technique), un investissement locatif peut être très pertinent, à condition que la demande locative existe et que vous ne soyez pas déjà trop exposé.
7. Conclusion
- Le scénario le plus probable à court terme : le prolongement des déséquilibres de 2025.
- Déficit budgétaire → Augmentation de la masse monétaire → Poussée des prix de l’immobilier et des transactions. Attention, les soubresauts ne doivent pas faire croire au début d’un nouveau cycle.
- Le système politique français est incapable de réformes structurelles.
- Comparaison historique : La crise de 1991 a durée 5 ans et le contexte actuel bien plus dégradé.
- Une crise systémique doit être envisagée à moyen terme.
- Recommandation : Je ne vois pas l’immobilier surperformer les autres classes d’actifs à long terme.
- J’aurais plutôt tendance à privilégier les small caps et a diversifier les classes d’actifs y compris géographiquement.
- Et à investir dans des secteurs primaires (agroalimentaire, agriculture, secteur minier, énergie…)
- avec pourquoi pas de l’armement, du spatial, des pharmas et de l’aéronautique…